Emporter l’île
dans ses bagages
Deux réunionnaises à Bruxelles
Parfois, le fruit du hasard des rencontres à Bruxelles peut nous ramener à des milliers de kilomètres…
Mon amie et moi nous ne partageons pas seulement une amitié : nous avons grandi dans la même ville, sous le même soleil de La Réunion. Quand elle m’a donné son adresse dans les rampes du Brûlé (Saint-Denis), j’ai su sans hésiter où se trouvait cette maison, nichée sur les hauteurs qui surplombent la capitale.
Le cœur de l’histoire : le déracinement nécessaire
L’histoire est émouvante et universelle : ses parents, devenus plus âgés, sont contraints de quitter l’île pour se rapprocher de leurs enfants en Europe. C’est un moment de bascule où les souvenirs deviennent plus précieux que les murs.
Pour adoucir ce voyage sans retour et atténuer ce déracinement, j’ai proposé de dessiner leur maison familiale. Une case « Tomi » typique de La Réunion — souvenir transportable, dans le but d’offrir une reproduction à ses parents et une autre à sa sœur.
Une façon de garder un bout de terre avec soi malgré la distance.
Le processus : capturer l’âme avant qu’elle ne s’envole
Dessiner cette maison, c’est faire un retour en arrière, réveiller ma jeunesse.
En traçant à l’encre la véranda ensoleillée, le jardin verdoyant et ces meubles de jardin, j’ai laissé mon imagination prendre son envol.
Technique : encre de chine · pointillismePour moi, dessiner une maison revient à tenter de saisir l’invisible : les éclats de rire qui ont résonné, les larmes qui ont coulé, les portes qui claquent et toute la vie qui s’est déroulée au sein de ces murs.
Un pont entre deux univers
Cette illustration à l’encre de chine a servi de lien entre les souvenirs d’antan à Saint-Denis et la nouvelle vie qui commence en hexagone.
C’est la tâche que je confie à mon art : transformer le papier en un havre pour la mémoire.